Où voir des marmottes en France ?
Massifs, saisons et conseils
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Un sifflement strident, une boule de poils qui détale entre les rochers : pas de doute, vous êtes au pays des marmottes. C’est l’animal de montagne le plus facile — et le plus craquant — à observer en famille. On vous dit où observer les marmottes, quand ouvrir l’œil et comment s’y prendre sans les déranger.
Ce qu'il faut savoir sur la marmotte
À quoi ressemble-t-elle ?
La marmotte des Alpes mesure de 40 à 60 cm de corps, plus une queue touffue de 15 à 25 cm, pour un poids qui varie énormément au fil de l’année : à peine 2,5 à 3 kg au sortir de l’hibernation, jusqu’à 5, parfois 8 kg à l’automne, une fois les réserves de graisse constituées. Silhouette trapue, pelage brun-roux plus clair sur le ventre, petites oreilles rondes et museau court. Ses atouts de fouisseuse : des pattes courtes et puissantes, de longues griffes, et surtout de grandes incisives à croissance continue qu’elle use en rongeant. Pour les enfants, l’image parle d’elle-même : un gros hamster des montagnes, en liberté. La fiche Wikipédia de la marmotte des Alpes détaille sa biologie pour les curieux.
Son mode de vie
La marmotte vit en colonies familiales, dans un réseau de terriers. Une sentinelle guette, dressée sur son arrière-train ; au moindre danger — aigle, renard, randonneur trop pressé — elle lance un sifflement aigu qui fait tout le monde plonger sous terre. D’octobre à avril, elle hiberne, roulée en boule, le cœur au ralenti. Ce long sommeil explique qu’on ne l’observe qu’à la belle saison.
Que mange la marmotte ?
Herbivore stricte, la marmotte broute l’herbe rase des alpages : graminées, trèfle, fleurs, jeunes pousses et racines tendres. Elle boit très peu, l’essentiel de son eau venant des plantes et de la rosée. Tout son été tourne autour d’un seul objectif : manger pour grossir. En quelques mois, elle double presque son poids et se constitue la couche de graisse qui la fera tenir six mois sous terre, sans se nourrir, pendant l’hibernation. C’est aussi pour cela que la nourriture humaine lui est si nocive : son système digestif n’est fait que pour l’herbe de la montagne.
Où observer des marmottes en France ?
Où voir des marmottes en France ? Dans les alpages, essentiellement, entre 1 500 et 2 500 mètres. Trois de nos massifs en regorgent, avec à chaque fois une petite histoire à la clé.
Dans les Alpes
Le berceau de l’espèce. Des alpages de Savoie et de Haute-Savoie jusqu’aux abords des cols, les colonies sont partout, souvent le long des sentiers de randonnée. Le Parc national de la Vanoise est un spot de choix. Guettez aussi l’hermine dans les pierriers voisins : notre fiche de l’hermine fait le point. Tout le massif est présenté sur notre page des animaux des Alpes.
Dans les Pyrénées
Absente à l’origine, la marmotte a été réintroduite dans les Pyrénées à partir des années 1940-1950 ; elle y prospère aujourd’hui, des estives du Béarn à l’Ariège. Une belle surprise pour qui part explorer les animaux des Pyrénées, où on ne l’attend pas forcément.
Dans le Massif Central
Là aussi réintroduite, la marmotte s’est installée dans les monts du Cantal et sur quelques hauteurs d’Auvergne. De quoi étonner ceux qui la croient réservée aux Alpes : on en parle sur la page des animaux du Massif Central.
Quand observer les marmottes ?
La bonne saison
De mai à septembre, un point c’est tout. À la sortie de l’hibernation, les marmottes sont affamées et très actives ; en juin et juillet, les marmottons pointent le museau et multiplient les cabrioles — le meilleur moment pour observer les marmottes en famille. Dès les premiers froids d’octobre, toute la colonie regagne le terrier pour l’hiver.
Le bon moment de la journée
La matinée et la fin d’après-midi. Aux heures chaudes, la marmotte se met à l’ombre ou somnole au bord de son terrier. Visez tôt le matin, quand l’air est frais et la lumière douce : c’est là qu’elle se nourrit et se montre le plus volontiers, avant l’affluence sur les sentiers.
Où et quand l'observer les marmottes
Voici, d’un coup d’œil, où et quand tenter votre chance d’observer la marmotte. Chaque case donne une note sur 5 : 0 signifie que l’espèce est absente ou non observable, 5 qu’une observation est très probable.
| Région | Printemps | Été | Automne | Hiver |
|---|---|---|---|---|
| Alpes | 3/5 | 5/5 | 3/5 | 0/5 |
| Jura | 0/5 | 0/5 | 0/5 | 0/5 |
| Massif Central | 2/5 | 4/5 | 2/5 | 0/5 |
| Vosges | 0/5 | 0/5 | 0/5 | 0/5 |
| Pyrénées | 3/5 | 5/5 | 3/5 | 0/5 |
Ces informations sont données à titre indicatif et peuvent changer d'une année à l'autre. Pour en savoir plus, rapprochez-vous des gardes forestiers, des maisons de parc ou des offices de tourisme de votre secteur.
Nos conseils pratiques pour l'observation
Le matériel
Des jumelles 8×42 suffisent largement : la marmotte se laisse voir de loin, inutile de viser un gros grossissement. Ajoutez de bonnes chaussures, un peu d’eau et de la patience. Installez-vous à distance d’une colonie, restez tranquille, et laissez les sentinelles se rassurer : au bout de quelques minutes, la vie reprend comme si vous n’étiez pas là.
Comment se comporter
Approche lente, voix basse, vêtements aux teintes discrètes. On ne court jamais vers une marmotte pour la photo — elle plongerait au terrier et l’observation serait finie. On garde ses distances, on reste sur les sentiers, et on savoure le spectacle sans chercher à s’incruster au milieu de la colonie.
Respecter la marmotte : les règles d'or
Ne jamais nourrir : le message numéro un
C’est LE point à retenir : on ne donne jamais à manger à une marmotte. Pain, biscuits, chips, morceaux de sandwich — tout cela détraque sa digestion, la rend malade et la met en danger. Nourrie, elle perd sa peur de l’homme, s’approche des sentiers et finit souvent dépendante ou victime d’un accident. Aussi mignonne soit-elle, on résiste, surtout devant les enfants qui apprennent en nous regardant.
Garder ses distances et rester sur les sentiers
On observe de loin, chien tenu en laisse — pour une marmotte, un chien reste un prédateur —, et on ne quitte pas les sentiers, histoire de ne pas piétiner les terriers ni les pelouses d’alpage. Si une marmotte semble apprivoisée et quémande, c’est justement qu’elle a déjà été nourrie : raison de plus pour ne rien lui donner. Les recommandations de la LPO valent aussi pour ce petit rongeur.
Où dormir pour partir à leur rencontre des marmottes ?
La marmotte est une vedette de l’été : pour savoir où voir des marmottes, visez la belle saison, au plus près des alpages où elle vit. Nos adresses sont à quelques minutes des sentiers d’alpage.
Dans les Alpes
Nos villages vacances d’Arêches-Beaufort, des Karellis et de La Clusaz – Les Confins, et nos résidences de La Clusaz – Les Aravis et des Menuires ouvrent sur des alpages à marmottes, parfaits pour une sortie matinale en famille.
Dans les Pyrénées
Les résidences de Piau-Engaly et de La Mongie posent les estives pyrénéennes — et leurs colonies de marmottes — à portée de balade, au cœur du massif le plus sauvage de France.
Dans le Massif Central
Le village vacances et la résidence de Murol, comme le village vacances et la résidence de Fournols d’Auvergne (ouverts à la belle saison), vous rapprochent des hauteurs d’Auvergne où la marmotte a repris ses quartiers, parfaites pour une sortie d’été à sa rencontre.
Vos questions sur les marmottes
Où voir des marmottes facilement en France ?
Dans les alpages des Alpes, entre 1 500 et 2 500 mètres, c’est le plus simple : les colonies bordent souvent les sentiers de randonnée. Les Pyrénées et les monts du Cantal, où l’espèce a été réintroduite, offrent aussi de belles observations. Partez tôt le matin, de mai à septembre, et repérez les sentinelles dressées près des terriers.
À quelle heure les marmottes sortent-elles de leur terrier ?
Surtout en matinée et en fin d’après-midi, quand il fait doux. Elles sortent avec le jour pour se nourrir, se chauffer au soleil et surveiller les environs. Aux heures les plus chaudes, elles se reposent à l’abri. Pour maximiser vos chances, soyez sur place tôt, avant que les sentiers ne se remplissent de promeneurs.
Quand les marmottes hibernent-elles ?
D’octobre à avril environ, soit près de six mois. Toute la colonie s’enferme dans un terrier profond, bouché de terre et d’herbe, et sombre dans un sommeil très profond : rythme cardiaque et température chutent fortement pour économiser l’énergie. Elles vivent alors sur leurs réserves de graisse. C’est pourquoi on ne les observe qu’à la belle saison.
Peut-on donner à manger aux marmottes ?
Non, jamais. Le pain, les biscuits ou les restes de pique-nique provoquent de graves troubles digestifs et rendent la marmotte dépendante de l’homme. Nourrie, elle perd sa méfiance, s’approche des sentiers et se met en danger. Même si elle quémande, on ne lui donne rien : c’est la meilleure façon de la protéger.
Pourquoi les marmottes sifflent-elles ?
Le sifflement est un cri d’alarme. La sentinelle, dressée à l’entrée du terrier, prévient la colonie d’un danger : un aigle royal, un renard, un chien ou un randonneur trop proche. Un sifflement bref signale plutôt une menace venue du ciel, une série de sifflements un danger au sol. Toute la colonie plonge alors sous terre en quelques secondes.
À quelle altitude vivent les marmottes ?
Le plus souvent entre 1 500 et 2 500 mètres, dans les alpages et les pelouses d’altitude au-dessus de la forêt. On peut en croiser un peu plus bas ou plus haut selon les massifs et l’exposition. Elles ont besoin d’un sol meuble pour creuser leurs terriers et d’herbe rase pour repérer les prédateurs de loin.
Quand peut-on voir des bébés marmottes ?
Les marmottons sortent du terrier vers la fin juin et en juillet, quelques semaines après la naissance. C’est le moment le plus attendrissant de la saison : ils jouent, se bousculent et s’aventurent sous l’œil des adultes. Une paire de jumelles et un peu de patience suffisent pour assister à la scène, à bonne distance.
Combien de temps vit une marmotte ?
Une quinzaine d’années dans de bonnes conditions, ce qui est beaucoup pour un rongeur de cette taille. L’hibernation, en la mettant à l’abri de l’hiver et des prédateurs pendant six mois, y contribue largement. La vie en colonie, avec ses sentinelles, améliore aussi ses chances face à l’aigle royal ou au renard.
Y a-t-il des marmottes dans le Massif Central ?
Oui. Absente naturellement du massif, la marmotte y a été réintroduite au XXe siècle, notamment dans les monts du Cantal. Les populations s’y portent bien et surprennent souvent les randonneurs, qui la croient réservée aux Alpes. On l’observe aussi dans les Pyrénées, qui ont connu la même histoire de réintroduction réussie.
Peut-on approcher une marmotte qui semble apprivoisée ?
Non. Une marmotte qui se laisse approcher ou qui quémande a presque toujours été nourrie, ce qui est mauvais pour elle. On garde ses distances, on ne la touche pas et on ne lui donne rien. L’observer de loin, tranquillement, reste la seule bonne attitude — et la plus belle expérience, pour elle comme pour vous.