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Le dahu
L'animal légendaire des Alpes aux pattes inégales

Ses pattes sont plus courtes d’un côté pour marcher à flanc de montagne, il ne tourne que dans un sens, et on le chasse la nuit avec un sac et un bâton… Le dahu est la plus célèbre blague de nos montagnes — et on l’adore pour ça. Asseyez-vous, on vous raconte (presque) tout.

Ce qu'il faut savoir sur le dahu (enfin, si l'on peut dire)

À quoi ressemble-t-il ?

Officiellement, il serait un cousin du chamois ou du bouquetin, avec un détail de taille : ses pattes sont plus courtes d’un côté que de l’autre. Cette asymétrie lui permettrait de tenir parfaitement à flanc de pente… à condition de toujours marcher dans le même sens autour de la montagne. Demi-tour interdit, sous peine de dégringolade. Voilà pour la « morphologie ».

Dextrogyre ou lévogyre : les deux espèces

La science distingue deux formes, que la fiche Wikipédia du dahu recense d’ailleurs très sérieusement. Le premier, dit dextrogyre, a les pattes gauches plus courtes et tourne la montagne dans le sens des aiguilles d’une montre ; le lévogyre, l’inverse. Comme ils tournent en sens opposés, les deux ne peuvent se rencontrer que face à face — un détail qui a toute son importance pour la reproduction, et pour les blagues de veillée.

Où « observer » le dahu ?

Dans les Alpes, évidemment

La bête est une spécialité alpine : on le « traque » à flanc de pente, toujours dans le même sens. Bien sûr, vous ne le verrez pas — mais les Alpes regorgent, elles, d’animaux bien réels et tout aussi spectaculaires, présentés sur la page des animaux des Alpes. Et le dahu n’est pas seul : il rejoint tous les animaux légendaires de nos montagnes.

Le vrai animal derrière la légende

Derrière lui se cachent de vrais montagnards : le chamois et le bouquetin, capables de tenir sur des pentes vertigineuses avec une aisance qui, forcément, a nourri la légende. Notre fiche du chamois et notre fiche du bouquetin vous présentent ces virtuoses de l’équilibre, eux bien réels et parfaitement symétriques.

Quand tenter votre chance ?

La nuit, de préférence sans lune

La tradition est formelle : la chasse se pratique la nuit, idéalement sans lune, pour ne pas être repéré par la rusée bestiole. Plus il fait noir, meilleures sont vos chances… de ne rien voir du tout, mais de bien rire entre amis.

Le 1er avril, date idéale

Statistiquement, le 1er avril reste la meilleure date pour partir à la chasse — ou pour y envoyer un ami un peu naïf. C’est aussi le grand jour des vocations de chasseurs débutants, sac à la main et sérieux imperturbable.

La chasse au dahu : matériel et technique

Le matériel officiel

L’équipement du parfait chasseur tient en trois objets : un grand sac (pour recueillir la bête), un bâton (pour la guider) et une lampe (pour l’éblouir). Le débutant est traditionnellement chargé de tenir le sac, immobile et confiant, pendant que les autres « rabattent ».

La technique imparable

Le principe est limpide : les rabatteurs remontent la pente en sifflant. Surpris, il se retourne pour voir d’où vient le bruit, perd l’équilibre à cause de ses pattes inégales, et bascule tout droit dans le sac tenu en contrebas. Simple, élégant, infaillible. Le taux de réussite avoisine, disons, les zéro pour cent.

Un clin d’œil : de vraies jumelles

Petit conseil sérieux au milieu de la plaisanterie : emportez de vraies jumelles. Pendant que vous « chassez » l’insaisissable, vous croiserez peut-être un chamois, un renard ou une marmotte, eux bien réels — et autrement plus faciles et gratifiants à observer.

Respecter le dahu (et surtout la montagne)

Pas de chasse nocturne hors sentier

Même pour rire, on ne part pas déranger la vraie faune la nuit, hors des sentiers. Les animaux sauvages ont besoin de calme, surtout à la tombée du jour. Cette chasse se raconte au coin du feu : elle ne justifie jamais une virée nocturne en pleine nature.

Une plaisanterie qui reste bon enfant

Tout cela reste un jeu, à pratiquer avec bon sens, entre adultes complices et enfants ravis — pas une vraie battue en solo dans la montagne. On garde le sourire, on reste sur les chemins, et on laisse la nature tranquille.

Vivez la légende du dahu en famille

Partir soi-même à sa « chasse », lampe et bâton en main, reste un jeu délicieux, et les enfants adorent. Nos animateurs et nos équipes d’accueil se feront un plaisir de vous raconter la légende et de vous indiquer les bons coins. C’est surtout une belle excuse pour une randonnée au coucher du soleil, un pique-nique en alpage, ou la visite d’une ferme ou d’un petit musée qui font vivre ces histoires près de nos villages des Alpes.

Où dormir au pays de la légende

Pour improviser votre chasse au cœur des Alpes : nos villages vacances d’Arêches-Beaufort, des Karellis et de La Clusaz – Les Confins, et nos résidences de La Clusaz – Les Aravis et des Menuires vous posent en pleine montagne, entre alpages et forêts. Gardez le sac prêt pour la veillée.

Hébergement Arêches-Beaufort
Savoie

Hébergement Les Karellis
Savoie

Hébergement Les Menuires
Savoie

La Clusaz – Les Aravis Haute-Savoie

La Clusaz – Les Confins
Haute-Savoie

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Vos questions sur le dahu

Non, le dahu n’existe pas : c’est une créature imaginaire, une farce de montagnards transmise depuis des générations. Ses pattes inégales, sa course à flanc de pente et sa « chasse » au sac relèvent de la plaisanterie. Personne n’en a jamais capturé, et pour cause. C’est aujourd’hui un jeu et une tradition, pas un animal.

Le dahu existe-t-il vraiment ?

Non, le dahu n’existe pas : c’est une créature imaginaire, une farce de montagnards transmise depuis des générations. Ses pattes inégales, sa course à flanc de pente et sa « chasse » au sac relèvent de la plaisanterie. Personne n’en a jamais capturé, et pour cause. C’est aujourd’hui un jeu et une tradition, pas un animal.

Selon la légende, pour tenir à flanc de montagne sans glisser : pattes courtes du côté amont, pattes longues du côté aval, il marcherait ainsi bien à plat sur la pente. Le hic : il ne peut tourner que dans un seul sens et ne peut jamais faire demi-tour. Une explication parfaitement logique… pour un animal parfaitement imaginaire.

La tradition veut qu’on le chasse la nuit, à plusieurs : un débutant tient un grand sac en bas de la pente, pendant que les autres remontent en sifflant. Surpris, il se retournerait, perdrait l’équilibre et tomberait dans le sac. Inutile de préciser que la prise reste, disons, exceptionnelle.

Ce sont les deux « espèces » de dahus. Le dextrogyre a les pattes gauches plus courtes et tourne la montagne dans le sens des aiguilles d’une montre ; le lévogyre a les pattes droites plus courtes et tourne dans l’autre sens. Comme ils vont en sens inverse, ils ne se croisent que face à face — un grand classique de la légende.

Des veillées de montagne et de l’humour paysan. Il servait à se moquer gentiment des citadins et des naïfs, qu’on emmenait « à la chasse » pour les laisser tenir le sac toute la nuit. On retrouve des créatures similaires dans de nombreuses régions de montagne, sous d’autres noms. C’est un patrimoine de blagues, transmis de génération en génération.

Difficile à dater précisément, mais la légende est ancienne et bien ancrée dans les traditions alpines. Elle s’est surtout diffusée aux XIXe et XXe siècles, portée par les veillées, les colonies de vacances et le tourisme de montagne. Aujourd’hui, cette « chasse » reste un rite de passage pour bien des enfants en séjour.

Il s’inspire des vrais montagnards à l’aise sur les pentes raides : le chamois et le bouquetin, qui semblent défier la gravité sur les barres rocheuses. Leur agilité stupéfiante a sans doute nourri l’idée d’un animal fait pour la pente. Mais eux, contrairement à lui, ont bien quatre pattes de même longueur.

Oui, sous des formes voisines. On trouve des créatures cousines dans les Alpes suisses, italiennes et autrichiennes, et des équivalents dans d’autres montagnes du monde, chacun avec ses variantes. Le principe — un animal à pattes inégales adapté à la pente — voyage très bien. C’est une blague quasi universelle de montagnards.

À ses pattes inégales, évidemment, et à sa manie de toujours tourner la montagne dans le même sens. Si vous croisez un animal qui refuse obstinément de faire demi-tour et qui bascule au moindre sifflement, vous tenez peut-être votre dahu. Dans tous les autres cas, il s’agit très probablement d’un chamois.